Une craquelure dans la vase, Une herbe séchée, la trace d’un petit ruisseau, un morceau de métal rouillé colorant des coques blanches, un filet bleu ou orangé mêlé d’algues, d’os de sèche et de plastique, un bout de bois flotté jouxtant une chaussure, des cartouches usagées, une coulée moirée sur le sable, un coquillage qui se délite, les empreintes de pas d’une aigrette, des petites bulles dans une mare…

 

Chacune de ces empreintes, chaque objet, toutes ces matières et couleurs sont des morceaux d’histoire. Histoires d’hommes, d’animaux terrestres ou marins dans une nature en perpétuel mouvement. Chaque fragment de ces mémoires se retrouvent et se rencontrent là, sur l’estran, cette étendue calme et mystérieuse sublimée par un jeu de lumière inconstant. Le vent, la mer et le temps y ajoutent leurs grains de sel non négligeables. L’ensemble semble esquisser le croquis de nouvelles histoires.  

 

Morgan Etes aime se promener dans cette baie, à la recherche de traces, d’empreintes, de matières, de couleurs, comme une chasse aux trésors, une collecte de témoignages qu’elle tient à rassembler sur ses toiles en y mêlant mythe, magie et lumière, pour finalement y raconter sa propre histoire.

Entre terre et mer